Les Français mangent trop salé



Les Français mangent encore trop « salé » ! Tel est le constat fait à l’occasion de la publication des résultats préliminaires du programme de recherche national NutriNet-Santé lancé il y a 18 mois maintenant.

Grâce au système de recueil des apports alimentaires via Internet (140 000 enquêtes alimentaires analysées), il a été possible d’estimer les apports en sel (chlorure de sodium) dans l’alimentation des Français.

Et si la tendance est bien à la baisse, ce qui est un élément favorable en termes de santé publique, les apports en sel restent trop élevés par rapport aux recommandations internationales.

Si les scientifiques s’intéressent tout particulièrement à la consommation de sel c’est parce qu’une consommation élevée est souvent synonyme d’hypertension artérielle, cause majeure de maladie cardiovasculaire, d’accident vasculaire cérébral et de néphropathie. Réduire la consommation de sodium, et donc de sel, est devenu un objectif majeur de santé publique, en France, comme dans le reste du monde.

Selon les premiers résultats de NutriNet-Santé les apports alimentaires moyens en sel ont été évalués à 8,4 g/j. Ils sont plus élevés chez les hommes (9,2 g/j) que chez les femmes (7,6 g/j). Dans un cas comme dans l’autre 95% des hommes et des 82% des femmes ont un apport en sel supérieur à la norme de 6 grammes (recommandation dans de nombreux pays européens). L’OMS (Organisation mondiale de la santé) recommande de son côté un apport en sel inférieur ou égal à 5 g/j.

Dans le détail on retiendra que les 3/4 du sel consommé proviennent directement des aliments et un quart est ajouté par le consommateur lors de la cuisson des aliments ou directement son assiette au moment du repas.

Les groupes d’aliments qui contribuent le plus à l’apport en sodium dans l’alimentation sont le pain et les biscottes (24,1%), la charcuterie (12,5%), les fromages (8,1%), les légumes préparés (crudités…) ou cuits (6,8%) et les aliments-snacks et aliments de « fast food » (5,9%).

Aujourd’hui les hypothèses scientifiques sur l’impact d’apports excessifs en sel sur la santé sont nombreuses et les enjeux de santé publique majeurs.

Avec un nombre suffisant de volontaires et un suivi sur plusieurs années, l’étude NutriNet-Santé permettra d’étudier les effets des différents niveaux d’apports en sel sur les maladies cardiovasculaires, les cancers, l’ostéoporose, les pathologies rénales, l’obésité, l’asthme… : l’appel aux volontaires pour participer à l’étude NutriNet- Santé continue donc ! Vous pouvez vous incrire en cliquant ici

Nutrinet-Santé une initiative commune du Ministère de la Santé, de la Direction Générale de la Santé (DGS), de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), de l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES),de la fondation pour la Recherche Médicale (FRM) et du personnel de l’Inserm, l’Inra, le Cnam et l’Université Paris 13. L’étude est dirigée par le Professeur Serge Hercberg, professeur de nutrition à l’Université Paris 13 et directeur d’une unité Inserm/Inra/Cnam/P13.