Diminution de la mortalité par l’IRM chez les patientes à haut risque de cancer du sein



« Diminution de la mortalité par l’IRM chez les patientes à haut risque de cancer du sein » par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon des données publiées cette semaine dans la revue de cancérologie américaine ‘Journal of Clinical Oncology’ par l’équipe néerlandaise du Dr Klijn, l’utilisation de l’IRM comme moyen de dépistage des cancers du sein augmenterait la survie à long terme chez les patientes à haut risque.

Les chercheurs néerlandais ont suivi un total de 2157 femmes à risque élevé de cancer du sein pendant une durée médiane de 5 à 6 ans. Chacune des femmes bénéficiait d’un dépistage bisannuel comprenant à la fois une palpation mammaire, une mammographie et un examen par IRM.

L’ensemble des personnes sélectionnées avaient par la suite été incluses dans trois groupes différents : le premier groupe comportant les femmes présentant un facteur de risque génétique tel que le BRCA1 et BRCA2 (risque cumulé de cancer du sein au cours de la vie compris entre 50 et 85 %), le second groupe comprenant les femmes présentant sur base d’une histoire familiale un risque élevé (risque cumulé entre 30 et 50 %) et le troisième groupe, celles présentant un risque modéré compris entre 15 et 30 %. Rappelons que le risque moyen de cancer du sein au sein de la population générale est d’environ 12 %.

Après une durée de 6 ans, 93 % des femmes qui présentaient un marqueur génétique (BRCA1 & BRCA2) étaient encore en vie. Ce résultat contraste nettement avec d’anciennes études qui montraient une survie à cinq ans chez seulement 74 % des femmes comportant un marqueur de risque génétique. De plus, aucune des femmes appartenant au groupe 2 et 3 (histoire familiale) n’était décédée au cours de l’étude.

Selon les auteurs de cette étude, le bénéfice du dépistage par IRM en plus des diverses mammographies est indéniable car cette technique permet d’améliorer la découverte des petites lésions passées inaperçues aux rayons X et autorise de ce fait un traitement radical plus précoce avec à la clé une amélioration de la survie.

Les experts recommandent l’utilisation de l’IRM dans le dépistage des femmes à haut risque. « Cette étude permet d’offrir un certain soulagement pour les femmes présentant un marqueur génétique et qui envisageraient une mastectomie prophylactique. En effet, un dépistage minutieux avec IRM, une palpation mammaire correctement réalisée et une mammographie pourraient être une alternative rationnelle par rapport à la mastectomie prophylactique » selon le Dr Seidman, sénologue travaillant au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York.

Citons également un autre avantage de l’IRM par rapport à la mammographie : l’absence de rayons X et donc de rayonnements ionisants qui ont, dans certaines études, montré un rôle néfaste dans le développement des cancers du sein dans un contexte génétique marqué (voir article précédent : la mammographie favoriserait-elle le cancer du sein. 12/18/09).

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010