Près de la moitié des Américains obèses en 2050 !



« Près de la moitié des Américains obèses en 2050 ! » par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon une récente étude publiée dans la revue PLoS Computational Biology (Allison Hill et al. Infectious Disease Modeling of Social Contagion in Networks. PloS C.B., 6(11): e1000968. doi:10.1371/journal.pcbi.1000968), un peu moins de la moitié de la population américaine pourrait devenir obèse d’ici la moitié du XXIe siècle !

Et l’on ne parle pas ici simplement de surpoids mais de réelle obésité qui reste définie par un indice de masse corporelle (IMC) dépassant le chiffre de 30. Cette théorie vient contredire les prévisions officielles, plus optimistes, qui tablaient sur des chiffres plus réduits. Citons également qu’à l’heure actuelle, toujours selon les valeurs officielles, 34 % des Américains sont obèses et 34 % présentent un surpoids n’allant pas jusqu’à l’obésité. Seul un tiers de la population présente donc un poids normal.

Pour avancer ces chiffres, les chercheurs de la faculté de médecine de l’Université d’Harvard associés à ceux du prestigieux MIT de Boston ont développé un nouveau modèle statistique tenant compte de la théorie de la contagion sociale de l’obésité. Pour faire simple, ils ont non seulement considéré l’obésité comme une sorte de maladie infectieuse mais ils ont également adopté un schéma de ‘transmission’ de l’obésité qui se dissémine via des réseaux sociaux.

Que signifie cette théorie ? Dans ce modèle, une personne de poids normal présente un risque de 2 % de devenir obèse l’année suivante selon les chercheurs. Or, si cette personne est en contact avec une autre personne obèse, son risque de le devenir lui-même augmente de 0.4 %. Et cela, de manière additionnelle pour chaque personne obèse se trouvant dans l’entourage direct. L’obésité devient en quelque sorte une maladie contagieuse et il est préférable de ne pas avoir d’ami obèse dans son entourage proche.

Ce modèle avait été, à l’origine, élaboré en analysant la diffusion de l’obésité dans la ville de Framingham (bien connue du monde médical) au travers de « réseaux sociaux ». Ces réseaux sociaux incluent les membres de la famille, les amis proches, les voisins directs et les collègues de travail. C’est donc via des contacts sociaux rapprochés avec des personnes obèses que le risque de devenir soi-même obèse s’accroît de manière substantielle. Et bien que la transmission ‘non-sociale’ de l’obésité représente la partie la plus importante, on ne peut, d’après les scientifiques, ignorer la transmission sociale qui a pris une importance constante et croissance au cours des quatre dernières décennies.

La bonne nouvelle d’après le Dr James O. Fowler, professeur de génétique médicale de l’Université de San Diego en Californie, c’est que cette valeur de 42 % correspondra au pic de l’épidémie de l’obésité sur le continent américain. En effet, les différents avis estiment que l’épidémie d’obésité actuelle est en train de s’essoufler et après avoir atteint son maximum vers 2050 devrait stagner voire se réduire progressivement.

Voilà une bonne nouvelle …

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010