Une nouvelle cible thérapeutique dans le traitement de l’asthme



Chez les personnes asthmatiques, certaines cellules du système immunitaire qui assurent en temps normal la défense de l’organisme contre les virus et les bactéries s’accumulent dans les poumons. Leur présence dans cet organe déclenche une inflammation chronique à l’origine des symptômes bien connus de l’asthme. Comment ces cellules s’infiltrent, se logent et survivent dans les poumons ?

Des chercheurs de l’Inserm au sein de l’Unité 924 « Immunologie des maladies infectieuses allergiques et autoimmunes » à l’Université de Nice, ont étudié de près les poumons de souris asthmatiques pour comprendre leur particularité. Ils ont découvert une molécule (CX3CR1) dont le rôle est déterminant dans le développement de l’asthme en prolongeant la survie des lymphocytes T qui infiltrent les poumons.

Les résultats de ces travaux paraissent en ligne dans la revue Nature Medicine datée du 1er novembre 2010.

Ce qu’il faut retenir de cette publication :
– Le récepteur CX3CR1 est impliqué dans les allergies respiratoires
– Son expression par les cellules du système immunitaire est nécessaire pour que les symptômes de la maladie apparaissent
– Des substances qui empêchent cette molécule de fonctionner préviennent le développement de l’asthme
– CX3CR1 permet la survie des lymphocytes T présents dans les poumons

Ces travaux démontrent non seulement que cette molécule joue un rôle dans l’apparition de l’asthme, mais aussi qu’elle agit, non pas pour permettre la migration des lymphocytes T dans les poumons, mais pour augmenter leur survie.

Avec ce résultat les scientifiques peuvent désormais envisager la possibilité de concevoir des médicaments qui en bloquant cette molécule pourraient entraîner la mort des cellules T qui infiltrent les voies respiratoires et qui sont à l’origine de la maladie.

Cette étude est l’occasion de vous signaler que l’activité des crises d’asthme a été modérée en France Métropolitaine la semaine dernière selon le tout dernier bulletin épidémiologique du réseau Sentinelles. Ainsi l’incidence des cas de crises d’asthme vus en consultation de médecine générale a été estimée à 21 cas pour 100 000 habitants entre le 25 et le 31 octobre.

Dix foyers d’activité régionale ont été notés, forte en Centre (68 cas pour 100 000 habitants), Languedoc-Roussillon (59), Aquitaine (53), Limousin (47), Provence-Alpes-Côte-d’Azur (45) et Alsace (44), et modérée en Pays-de-la-Loire (35), Corse (21), Midi-Pyrénées (21) et Picardie (20).

Source : Communiqué Inserm – Bulletin épidémiologique du réseau Sentinelles