L’alcool plus néfaste que l’héroïne ?



« L’alcool plus néfaste que l’héroïne ? » par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon une étude publiée dans la revue de médecine ‘The Lancet’ (Drug harms in the UK: a multicriteria decision analysis. Prof. David Nutt. The Lancet. 1 november 2010. doi:10.1016/S0140-6736(10)61462-6), l’héroïne serait, à l’échelle de la société, plus nuisible que l’alcool.

Pour arriver à ce constat, le Prof. Nutt et son équipe ont utilisé une échelle d’analyse basée sur un ensemble de 16 critères comprenant entre autres les effets de chacune des drogues étudiées en terme de dégâts sur le mental des consommateurs, des dommages sur le plan physique, de risque de dépendance, du risque de criminalité liée ou du coût imposé à la société.

Il ressort de l’analyse que bien que l’héroïne, le crack et la métamphétamine soient plus nuisibles à l’échelle de l’individu, c’est effectivement l’alcool qui reste de loin la substance la plus dommageable pour la société. L’étude publiée montre également que le tabac comme la cocaïne sont deux substances équivalentes en termes de nuisance pour la population et que l’ecstasy et le LSD restent parmi les substances les moins nocives (pour la société).

Selon le Professeur Nutt, les résultats de l’étude confirment d’anciennes études anglaises et hollandaises et, de rappeler : « le système (anglais) de classification des drogues ne reflète pas la réalité en termes de nuisance à large échelle ». En effet, d’après la nouvelle classification élaborée, l’alcool demeure trois fois plus néfaste que la cocaïne ou le tabac et l’ecstasy n’entraîne qu’1/8e des dégâts liés à la consommation d’alcool.

Le Prof. Nutt rappelle que l’alcool reste de loin la drogue la plus nuisible du fait de son ubiquité dans la société : tout le monde (ou presque) en consomme, ce qui est loin d’être le cas pour les drogues dures. Selon lui, il est important sur le plan de santé publique de séparer les dégâts survenant à l’échelle d’un individu de ceux survenant à l’échelle d’une population tout entière.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010