Dépistage du cancer colorectal amélioré grâce à un nouveau test d’ADN



« Dépistage du cancer colorectal amélioré grâce à un nouveau test d’ADN » par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon une nouvelle étude révélée lors de la réunion annuelle de l’Association Américaine pour la Recherche contre le Cancer la semaine dernière à Philadelphie, une équipe américaine serait parvenue, dans le cadre du dépistage du cancer colorectal, à élaborer un test non invasif plus sensible et plus spécifique que les techniques actuelles (recherche de sang occulte dans les selles).

Selon cette étude, la méthode employée est novatrice et relativement ‘simple’ puisqu’il suffit d’analyser au moyen d’une réaction chimique précise la présence de morceaux d’ADN spécifiques au sein des matières fécales. Gros avantage, ce test peut se faire à domicile et ne nécessite donc pas de devoir être hospitalisé ni de devoir suivre un régime alimentaire strict préconisé avant toute colonoscopie. Le procédé (développé par la firme Exact Sciences) consiste à détecter la méthylation de plusieurs morceaux de gènes impliqués entre autres dans la croissance tumorale (vimentine, NDRG4, BMP3, TFPI2) associés également à certains marqueurs de dégradation de l’hémoglobine.

Selon le responsable de l’étude, le Dr Ahlquist de la Mayo Clinic de Rochester, cette nouvelle méthode apporte un avantage indéniable car non seulement, elle permet de détecter très tôt des formes potentiellement curables de cancer colorectal mais elle permet également de détecter d’éventuels adénomes (lésions précancéreuses). D’après les résultats publiés, sur un total de plus de 1 000 échantillons de selles étudiés, la sensibilité de détection des lésions cancéreuses approche 86 % et dépasse 63 % pour les adénomes de plus de 1 cm (en gardant une spécificité de 90 %).

L’auteur principal de l’étude précise qu’il est important d’obtenir un test non invasif de dépistage du cancer colorectal le plus précis possible afin de pouvoir l’utiliser sur un grand nombre d’individus, y compris ceux qui restent peu enclins à subir les désagréments d’une colonoscopie. Toujours d’après lui, il est important de préciser à ce stade que d’autres études supplémentaires seront nécessaires pour confirmer l’efficacité de ce nouveau test ainsi que sa place exacte dans l’arbre décisionnel du dépistage du cancer digestif.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010