La Fédération Française de Cardiologie s’engage pour un Plan Coeur



Par son action sur la prévention et le soutien financier à la recherche en cardiologie depuis plus de 45 ans, la Fédération Française de Cardiologie a notablement contribué à faire régresser la mortalité par maladie cardiovasculaire au 2ème rang en France. Anticipant sur les prévisions alarmantes basées sur l’évolution des comportements et l’allongement de la durée de vie, elle mobilise aujourd’hui toutes les énergies et organise une Table ronde nationale de la recherche en cardiologie en ouverture de sa campagne sur la recherche en cardiologie « Donocoeur ». Les enseignements issus de cette Table ronde vont servir de socle à l’édification d’un Plan Coeur.

Les enseignements majeurs de la Table ronde nationale

Ouverte par le Directeur Général de la Santé, le Professeur Didier HOUSSIN, elle a réuni un panel d’experts (cf. ci-dessous) au Ministère de la Santé et des Sports le 28 septembre 2010 qui ont exprimé quatre axes de réflexion :

Mettre en cohérence les efforts dispersés

En introduction au débat, le Professeur Didier HOUSSIN, Directeur Général de la Santé, a fait part d’un constat qui a été repris et développé par la quasi totalité des intervenants : « Moi, ce qui me frappe, c’est que la visibilité du portage n’est pas aussi grande que dans d’autres domaines, comme le cancer. Cela tient peut être à la nature des maladies cardiaques ».

Didier HOUSSIN s’est dit prêt à s’associer dans une démarche de Plan Coeur, jugeant « qu’il est un peu anormal qu’un domaine ayant un tel impact pour la population ne possède pas de mode d’action public à la hauteur ».

Le Professeur Jacques BEAUNE, Président de la Fédération Française de Cardiologie a convenu de la nécessité d’accroître la visibilité des pathologies cardiovasculaires auprès de la population : « il faut un état des lieux, une réflexion et une organisation qui soient pris en charge par l’ensemble de notre communauté médico-scientifique ».

Selon les experts réunis, il est nécessaire de créer des plateformes de recherche et des ponts entre recherche fondamentale et recherche clinique. Le Professeur Geneviève DERUMEAUX, Présidente de la Société Française de Cardiologie, estime que « Au-delà de la médecine, il faut privilégier la notion de continuum entre recherche fondamentale, translationnelle et clinique ».

La Présidente du Groupe de Réflexion sur la Recherche en Cardiologie, le Docteur Gervaise LOIRAND reconnaît que le public ignore trop souvent que les progrès médicaux qui améliorent la vie des patients sont le fruit de la recherche fondamentale.

Valoriser la recherche française et les disciplines pionnières

La contribution de la France à la recherche fondamentale est de haut niveau et favorise de nombreuses publications européennes, mais le cloisonnement médecins/chercheurs et laboratoires / hôpitaux est un frein au rayonnement de la France en matière de recherche en cardiologie… « Les endroits où l’on soigne le mieux les malades sont les endroits où il y a le plus de médecins-chercheurs » affirme le Professeur Ziad MALLAT qui déplore la faiblesse du soutien financier et moral en France. Pour le Professeur Damien BONNET, la France a perdu sa position de pionnière dans les années 2000, notamment pour la cardiologie congénitale et pédiatrique, une discipline qui n’est ni enseignée ni valorisée. Pourtant, 1 % des nouveaux- nés souffrent d’une malformation cardiaque et deviendront des adultes à risque.

Donner sa juste place à la prévention

Selon une étude référence Inter-Heart, on ferait baisser les infarctus de -75% en supprimant le tabagisme et en faisant adopter de bonnes habitudes alimentaires et la pratique d’une activité physique régulière et adaptée à la population. C’est un élément majeur de mobilisation du public, « pourtant il y a de moins en moins de publications d’études sur la prévention » s’inquiète le Professeur Daniel THOMAS, ancien Président de la Fédération Française de Cardiologie, qui appelle de ses voeux des études d’ampleur sur toute la population.

La parole aux malades

Les patients seraient-ils les grands oubliés de la recherche en cardiologie ? Certainement pas, mais ce sentiment est dû au fait que la cardiologie est victime de ses succès (la mortalité par maladies cardiovasculaires a baissé de moitié ces 20 dernières années).

« De gros efforts restent à accomplir pour intégrer les associations de malades à la réflexion et à la mobilisation autour de la recherche en cardiologie, mais nous y travaillons » a déclaré le Professeur Jacques BEAUNE.

La Fédération Française de Cardiologie lance le Donocoeur du 30 octobre au 7 novembre

Plus de 400 personnes meurent chaque jour d’une maladie cardiovasculaire en France. Et la communauté scientifique prévoit une recrudescence de la mortalité. Pour le Professeur Jacques BEAUNE, Président de la Fédération Française de Cardiologie « Les maladies cardiaques sont un fléau de santé publique et c’est notre devoir de mettre tout en oeuvre pour freiner son avancée en donnant à la recherche en cardiologie les armes pour se battre. Cet objectif ambitieux est tout l’enjeu de la 2ème édition de la campagne Donocoeur ».

Aux côtés de médecins et patients qui apporteront leurs témoignages, Mireille DARC apporte son soutien à cette semaine d’information et de mobilisation autour des maladies cardiovasculaires qui restent la 1ère cause de décès pour les femmes.

La Fédération Française de Cardiologie lutte contre les maladies cardiovasculaires depuis plus de 45 ans. Cette association reconnue d’utilité publique depuis 1977 est présente partout en France. Elle a quatre missions : la prévention, la recherche en cardiologie, l’aide à la réadaptation des cardiaques et la promotion des gestes qui sauvent.