Cancer de la prostate : même en cas de récidive, la plupart des malades mourront d’une autre cause



« Cancer de la prostate : même en cas de récidive, la plupart des malades survivront ou mourront d’une autre cause » par le Docteur Erard de Hemricourt. Voilà grosso modo le message véhiculé par un article publié récemment dans la revue de médecine américaine Archives of Internal Medicine (Impact of Biochemical Recurrence in Prostate Cancer among US veterans. E. Uchio et al. Arch Intern Med. 2010 ; 170 (15) ; 1390-1395).

Pour arriver à cet étonnant résultat, le Dr Uchio et son équipe du VA Connecticut Healthcare System et de l’université de médecine de Yale ont analysé les données de 623 vétérans de l’armée US souffrant entre-autres d’un cancer de la prostate diagnostiqué entre 1991 et 1995 et suivis pendant une période de 15 ans après traitement. Fin 2006, 387 (62 %) des patients étaient décédés. Parmi ceux-ci, seuls 48 (12 %) des décès étaient dûs au cancer lui-même !

Sur les 225 patients traités par chirurgie (prostatectomie), le taux de récidive biochimique pour la période de suivi s’étalant sur 5, 10 et 15 ans après traitement était respectivement de 34, 37 et 37 %. D’après les données publiées, la mortalité liée au cancer de la prostate chez ces patients était de 3 % endéans les 5 premières années post-traitement, de 10 % endéans les 10 ans et de 21 % à la suite du suivi de 15 ans.

Sur les 398 hommes traités uniquement par radiothérapie, 48 % ont globalement présenté une rechute tumorale (basé sur un taux de PSA dépassant 2 ng/ml). Plus précisément, le taux de récidive biochimique était de 35 % à 5 ans, de 46 % à 10 ans et de 48 % au bout de 15 ans. La mortalité liée au cancer de la prostate chez ces patients était de 11 % à 5 ans, de 20 % à 10 ans et de 42 % à 15 ans. À part ces chiffres qui peuvent dérouter, l’information principale de l’étude, selon le Dr Uchio, est la mise en évidence de la faible probabilité de mourir directement du cancer prostatique en cas de récidive ce qui pourrait apporter un certain réconfort aux malades.

Et de rajouter : « la plupart des patients mourront avec leur cancer de la prostate, et non pas à cause de lui ». Cependant, les chercheurs insistent sur le fait qu’il manque actuellement des données claires qui permettraient d’établir avec certitude quelles sont les personnes qui présentent le plus de risque de succomber des suites de leur cancer par rapport à ceux qui n’ont pas trop de soucis à se faire. Or d’après le Dr Uchio, un des éléments serait d’étudier le temps de doublement du taux de PSA dans le sang. Toujours d’après ce médecin, il pourrait être plus utile d’examiner la vitesse de doublement dans le sang du taux de PSA plutôt que ce taux lui-même.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010
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