Exposition au chlordécone et risque de survenue du cancer de la prostate



Une récente étude menée par des chercheurs de l’Inserm (Unité Inserm 625 – Groupe d’Etude de la reproduction chez l’homme et les mammifères, Université Rennes 1), du CHU de Pointe-à-Pitre (Service d’urologie, Université des Antilles et de la Guyane) et du Center for Analytical Research and Technology (Université de Liège, Belgique) montre une possible association entre une exposition au chlordécone (un insecticide perturbateur endocrinien employé aux Antilles françaises entre 1973 et 1993) et la survenue d’un cancer de la prostate. Le chlordécone est un insecticide organochloré employé aux Antilles pendant plus de 20 ans et destiné à lutter contre le charançon du bananier. Sa présence persistante dans les sols, les eaux de rivières et les sédiments est à l’origine de la contamination de certaines denrées alimentaires.

Pour en arriver à ces résultats, les chercheurs ont comparé les caractéristiques de 709 patients nouvellement atteints par un cancer de la prostate à celles de 723 personnes indemnes de la maladie (groupe témoin). Après analyse des résultats il ressort que l’exposition au chlordécone est bien associée à un risque augmenté de développer un cancer de la prostate, une augmentation particulièrement significative lorsque les concentrations sanguines en chlordécone sont supérieures à 1 μg/L.

L’étude montre également que le risque est modulé en fonction des antécédents familiaux ainsi que la résidence dans un pays occidental (industrialisé). Ainsi le risque de survenue de cancer de la prostate se retrouve multiplié par 5 chez les hommes présentant simultanément des antécédents familiaux de cancer de la prostate et de résidence dans un pays occidental.

Ces résultats sont les premiers à suggérer l’existence d’une relation causale entre l’exposition à un perturbateur endocrinien et le risque de survenue du cancer de la prostate.

En réponse à cette étude le Ministère de la Santé précise que les pouvoirs publics poursuivront les efforts importants engagés dans le cadre du plan chlordécone 2008-2010 et qu’un second plan est actuellement en préparation.

Et certains d’évoquer déjà un scandale sanitaire majeur d’autant qu’il faudra plusieurs siècles afin de pouvoir éliminé tout le chlordécone présent dans le sol.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans le « Journal of Clinical Oncology ». Ils sont issus du programme de recherche « Karuprostate » dont l’objectif est d’identifier et de caractériser des déterminants génétiques et environnementaux de survenue et d’évolution du cancer de la prostate aux Antilles.

source : communiqué Inserm- Illustration : structure et représentation du chlordécone – Domaine Public – Wikimedia Commons

Laisser un commentaire