Journée Mondiale Sans Tabac, une campagne choc



Lundi 31 mai se déroule la Journée Mondiale Sans Tabac. Pour cette ocassion le Comité National contre le Tabagisme lance une grande campagne pour faire prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe sanitaire que constitue le tabagisme. Chaque année en France, l’équivalent d’une ville de plus de 60 000 habitants part en fumée à cause du tabac. Parallèlement, alors que l’Organisation mondiale de la Santé choisit cette année d’interpeller l’opinion sur le tabagisme des femmes, le CNCT appelle à un engagement des pouvoirs publics à la hauteur des enjeux. Des mesures existent et doivent être mises en oeuvre pour contrecarrer les stratégies commerciales de l’industrie du tabac qui a su faire des femmes et des jeunes filles des cibles de choix et de plus en plus, des victimes.

« Ville en Cendres » : une campagne pour montrer l’ampleur d’une catastrophe sanitaire sous-estimée

Ces dernières années, la protection des Français à l’égard du tabagisme a connu d’indéniables avancées.

Pourtant, si aujourd’hui la plupart des Français ont intégré le fait que « fumer tue » et que la fumée de tabac est nocive, peu savent en revanche que le tabagisme demeure la première cause de mortalité prématurée évitable dans notre pays.

Afin de faire prendre conscience de l’ampleur des dégâts humains causés par le tabagisme et de rappeler que le problème est loin d’être « réglé », le CNCT a décidé de mettre en image cette catastrophe sanitaire du quotidien.

La campagne que lance le CNCT à l’occasion de la Journée Mondiale Sans Tabac met en scène une ville réduite « en cendres ». Ses immeubles, figurés par des mégots qui se consument, symbolisent l’équivalent d’une ville de plus de 60 000 habitants, partie en fumée à cause du tabac.
Une Journée Mondiale Sans Tabac placée sous le signe des femmes, cibles privilégiées de l’industrie et de plus en plus, victimes du tabac

En France, si la mortalité des hommes causée par le tabac est en recul depuis les années 1990, celle des femmes, en revanche, connaît une croissance continue depuis les années 1980.

Cette « progression » est en grande partie le résultat d’une stratégie marketing sophistiquée des cigarettiers. Un siècle de campagnes de publicités ciblées et d’utilisation d’icônes du cinéma ainsi que la conception constante de nouveaux produits aux noms, formes, goûts et couleurs spécialement étudiés pour les femmes sont parvenus à transformer la cigarette. Jadis attribut de l’homme, elle est ainsi devenue accessoire de mode ultra glamour, signe extérieur de féminité exacerbée et assumée.

Coeur de cible de cette stratégie commerciale, les jeunes femmes de 16-25 ans (38 %) et de 26-35 ans (36,3 %) sont celles qui fument le plus.

En termes d’impact sur la santé, les femmes fumeuses s’exposent aux mêmes risques que les hommes fumeurs mais elles encourent des risques supplémentaires spécifiques, souvent méconnus et négligés.

A chaque étape de leur vie, la cigarette se révèle en effet un ennemi redoutable de leur féminité, que ce soit en faisant baisser leur fertilité de 50 %, en multipliant par 3 le risque des femmes enceintes de faire une fausse couche ou en augmentant de 50 % par rapport aux non fumeuses le risque de contracter un cancer du sein.

Des propositions pour éviter que des milliers de vies de femmes et d’hommes ne partent en fumée à cause du tabac

Pour éviter que de nouvelles jeunes filles et garçons ne tombent dans la dépendance au tabac et afin de sauver les vies de milliers de femmes et d’hommes, des mesures efficaces existent.

Voilà pourquoi le CNCT renouvelle avec force son appel à la mise en oeuvre par les pouvoirs publics d’une stratégie globale de prévention du tabagisme à la hauteur des enjeux, combinant un ensemble de mesures efficaces pour contrer la progression de cette épidémie et les pratiques commerciales de l’industrie du tabac qui l’alimente :

  • la mise en oeuvre d’une politique fiscale dynamique destinée non seulement à dissuader les jeunes de commencer de fumer mais aussi à inciter les fumeurs et les fumeuses à arrêter ;
  • l’apposition sur les paquets d’avertissements sanitaires visuels illustrant les dégâts causés par le tabagisme comme annoncé le 16 avril dernier par la Ministre de la Santé, mais en fonction de critères garantissant leur efficacité optimale, sans concession aux intérêts commerciaux de l’industrie du tabac ;
  • l’adoption de paquets « standards », sans logo, couleur, ni aucune autre référence à l’univers publicitaire des marques, à l’exemple de l’Australie. Cette mesure permettrait de mettre fin aux pratiques de l’industrie du tabac qui, en dépit de la loi Evin et des condamnations en justice, continue à décorer les paquets comme des accessoires de mode pour recruter et fidéliser de nouveaux jeunes clients.

Toutes ces mesures peuvent permettre de sauver des milliers de vie, si elles sont mises en oeuvre de façon optimale, sans céder aux interférences du lobby du tabac pour influencer, retarder voire empêcher leur adoption et en amoindrir la portée.

Le CNCT saisit l’occasion de la Journée Mondiale Sans Tabac pour appeler non seulement le grand public, mais aussi les décideurs politiques ainsi que les personnalités de la mode et de la culture à résister aux manoeuvres de l’industrie du tabac en refusant d’alimenter les stéréotypes grâce auxquels elle continue de vendre son produit mortel comme une coquetterie de jeune fille.

Source : Dossier de presse CNCTVille de Metz

Laisser un commentaire