Effets néfastes de la pollution atmosphérique sur le système cardiovasculaire



« Effets néfastes de la pollution atmosphérique sur le système cardiovasculaire » par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon un communiqué récent de l’American Heart Association, de plus en plus d’études scientifiques établissent un lien de causalité net entre la pollution atmosphérique et une atteinte du système cardiovasculaire entraînant un excès d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux avec à la clé une surmortalité d’origine cardiaque. Toujours selon ce communiqué, il est vivement recommandé aux personnes ayant des antécédents cardiovasculaires d’éviter au maximum toute exposition à un environnement pollué.

Selon une étude récente publiée dans la revue Circulation par l’équipe du Dr Brook (Particulate Matter Air Pollution and Cardiovascular Disease. An update to the scientific statement from the American Heart Association. Circulation. 2010), le lien de causalité avec les maladies cardiovasculaires est particulièrement visible pour les particules de petit diamètre, dont la taille demeure inférieure à 2,5 microns. Ces petites particules présentes en grande quantité dans l’air atmosphérique pollué proviennent principalement de la combustion des énergies fossiles par les industries, le trafic automobile et les centrales à charbon. Les feux de forêts sont également impliqués de même que le chauffage des habitations.

D’après le Dr Brook, les petites particules véhiculées dans l’atmosphère polluée semblent directement accroître le risque cardiaque en déclenchant une série d’événements au sein de l’organisme, et cela, endéans les premières heures de l’exposition. Toujours selon lui, les preuves s’accumulent pour incriminer les petites particules inférieures à 2,5 microns dans le risque à long terme des maladies du système cardiovasculaire. Selon les conclusions de l’étude sus-mentionnée, il existe des arguments importants impliquant la pollution de l’air respiré dans l’apparition de maladies cardiaques d’origine ischémique, un lien modéré entre la présence d’un air pollué et le développement d’une insuffisance cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral et une association « faible mais consistante » entre l’exposition à brève échéance à une atmosphère polluée et le risque de décès prématuré.

Toujours d’après l’American Heart Association, les personnes âgées et celles présentant une pathologie cardiaque comme une insuffisance cardiaque ou une maladie coronarienne, de même que les patients diabétiques, sont particulièrement à risque face aux particules de petite taille. L’origine de l’atteinte cardiovasculaire semble être de nature multifactorielle et plusieurs voies ont été mises en avant. Tout d’abord, il est important de savoir que seules les particules d’une taille inférieure à 2,5 microns sont concernées puisque les particules de taille plus grande sont filtrées par les voies aériennes supérieures (nez principalement). Les petites particules inhalées qui parviennent jusqu’aux poumons vont y provoquer des dégâts principalement de nature inflammatoire en entraînant également une irritation des terminaisons nerveuses. Les experts pensent que cette irritation des terminaisons nerveuses au sein du système pulmonaire pourrait perturber la balance du système nerveux au sein de l’organisme. De même, d’autres pistes sont évoquées comme un état d’hypercoagulabilité, une altération des parois vasculaires, une élévation de la pression artérielle, etc.

Selon deux autres études récentes publiées par la Penn State College of Medicine (Individual-level PM2.5 exposure and the time course of impaired heart rate variability : the APACR study. Journal of exposure Science and Environmental Epidemiology, 2010 // Acute Adverse Effects of Fine Particulate Air Pollution on Ventricular Repolarization. Environmental Helath Perspectives, 2010), l’inhalation d’un air pollué augmente le stress sur le système de contrôle cardiaque et cela jusqu’à six heures après l’inhalation des petites particules de 2,5 microns et moins. Cet excès de stress, d’après le Dr Duanping Liao, serait la cause de l’apparition des problèmes cardiovasculaires ultérieurs. Selon un autre médecin ayant participé à l’étude, le Dr Fan He, la pollution atmosphérique est associée à une mortalité et une morbidité cardiovasculaire et il est généralement admis que l’un des mécanismes sous-jacents provient d’un dérèglement de l’activité électrique cardiaque. Les résultats des deux études mettent en cause une perturbation de l’activité électrique intrinsèque du cœur avec une augmentation des fluctuations du rythme cardiaque qui devient plus variable d’un battement à l’autre.

Quoi qu’il en soit, on connaissait déjà l’impact de la pollution atmosphérique sur le système respiratoire avec l’augmentation des cas d’asthme chez l’enfant et l’adolescent, il faudra désormais tenir compte de la pollution de l’atmosphère parmi les différents facteurs de risque cardiovasculaire.

Docteur Erard de Hemricourt pour © News Santé

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