Sida : vaccination des personnes séropositives contre l’hépatite B



rubanrouge-sidaDans le cadre de la 17ème conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2010) qui s’est déroulée la semaine dernière à San Francisco, les études françaises (celles de l’Agence nationale de recherches sur le sida) se sont plus particulièrement intéressées à la vaccination des séropositifs contre le VHB (hépatite B) et le fameux virus H1N1.

Aujourd’hui nous allons nous intéresser à la vaccination des personnes séropositives contre le virus de l’hépatite B. Il faut savoir que le virus du sida et celui de l’hépatite B partagent des modes de transmission communs (transmission par voie sanguine, par relation sexuelle et de la mère à l’enfant).

En 2004, et selon les chiffres de l’InVS (Institut de Veille Sanitaire), on estimait à au moins 50% la proportion des séropositifs infectés ou ayant été en contact avec le virus de l’hépatite B (contre 7% dans l’ensemble de la population). D’autre part les personnes séropositives développent plus souvent une forme chronique de la maladie hépatique (évoluant vers une cirrhose ou un cancer du foie) lorsqu’elles sont également atteintes par le virus de l’hépatite B. De ce fait, la mortalité est plus élevée chez les personnes co-infectées par les deux virus que chez celles atteintes par le seul virus du sida.

C’est donc tout naturellement que les chercheurs préconisent la vaccination contre l’hépatite B à toutes les personnes vivant avec le VIH. Toutefois cette vaccination ne déclenche une réponse immunitaire que chez 17,5 à 56% des adultes atteints par le VIH, contre 95% dans la population adulte générale.

C’est pourquoi les équipes de l’Agence nationale de recherches sur le sida ont souhaité comparer l’efficacité et la tolérance générées par deux schémas vaccinaux alternatifs au schéma standard. Pour se faire ils ont comparé les résultats obtenus sur 3 groupes de patients. Un premier groupe de 145 personnes ayant reçu une première injection intramusculaire de GENHEVAC B® 20 μg2, puis deux autres injections similaires 4 et 24 semaines plus tard. Un deuxième groupe de 148 personnes ayant reçu une première double injection intramusculaire de GENHEVAC B® 20 μg (soit 40 μg), puis de trois autres doubles injections similaires 4, 8 et 24 semaines plus tard. Et enfin, un troisième groupe de 144 personnes ayant reçu une première injection intradermique de GENHEVAC B® 4 μg suivie de trois injections similaires 4, 8 et 24 semaines plus tard.

Verdict : les meilleurs résultats ont été obtenus dans le second groupe, celui qui a reçu 4 injections intramusculaires. Chez ces patients la réponse immunitaire s’est révélée protectrice dans 82% des cas.

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