Carte Vitale : trop de médecins y sont encore réfractaires
Tous les assurés sociaux ou presque disposent d’une carte Vitale. Elle est ainsi utilisée par près de 65 millions d’assurés et d’ayants droits et fait partie de la vie quotidienne des Français. Elle présente de nombreux avantages : identification sécurisée des assurés; télétransmission de leurs feuilles de soins électroniques et dispense d’avance de frais sur la partie prise en charge par l’assurance maladie en « tiers payant ». L’utilisation de la carte Vitale c’est un moyen de faire des économies puisque le traitement d’une feuille de soins électronique ne coûte que 0,27€ en moyenne, contre 1,74€ pour une feuille de soins papier reçue par la poste (selon les informations de la CNAMTS).
Malgré tous ces avantages l’utilisation de la carte Vitale n’est pas systématique, loin de là même. Et le faute ne vient pas forcément des assurés. De nombreux médecins sont en effet réfractaires à son utilisation si l’on en juge le nombre de feuilles de soins « papier » envoyés à l’assurance maladie : 150 millions pour la seule d’année 2009. Ce traitement a un coût estimé à 200 millions d’euros, une dépense qu’il serait pourtant facile d’éviter.
Selon le rapport de la cour des comptes 41% des spécialistes, 27% des généralistes, 24% des dentistes, 22% des infirmiers et 20% des masseurs kinésithérapeutes n’émettaient aucune feuille de soins électronique en 2008 et 2009.
Parmi les réfractaires, la Cour des Comptes cite les «insoumis / révoltés», qui affichent une franche hostilité vis à vis d’un système qu’ils perçoivent comme allant à l’encontre de leur éthique médicale ; les « conservateurs / traditionalistes», qui refusent l’informatique et tout changement dans leur culture «papier et oral», avec la peur d’une technique non maîtrisée et du «virtuel» ; les « prudents», qui, très «experts» avec leur système et leurs logiciels informatiques très performants, refusent d’être déstabilisés par une télétransmission risquant d’entraîner un remaniement, voire un renouvellement, de leurs outils actuels ; les «calculateurs», qui ne veulent pas investir dans un système qui (selon eux) ne leur offre ni avantages, ni bénéfices – mise en avant d’une raison économique qui peut cacher des motivations plus obscures et enfin les «débordés», qui n’ont pas de temps à consacrer à l’installation du système de télétransmission ou à sa maintenance.
Histoire de les convaincre, et parmi les solutions préconisées par la Cour des Comptes, une contribution dissuasive et sans autre délai qui devrait être imposée à tous les professionnels de santé ne transmettant pas électroniquement les feuilles de soins.

