La mammographie favoriserait-elle le cancer du sein ?



cancerdusein« La mammographie favoriserait-elle le cancer du sein ? » par le Docteur Erard de Hemricourt. À l’occasion du récent congrès annuel de la société américaine de radiologie, une équipe néerlandaise a publié les résultats d’une méta-analyse sur le suivi de patientes à haut risque exposées à de multiples mammographies. Le Dr van der Weide et son équipe ont montré que la réalisation de mammographies low-dose dans le cadre d’un dépistage annuel pouvait accroître le risque d’apparition de cancers mammaires chez certaines femmes présentant une prédisposition génétique ou une histoire familiale de cancer du sein.

Selon cette étude, par rapport à des femmes à haut risque tumoral mais non soumises à un dépistage par mammographie, l’exposition à une irradiation de faible dose entraînait une augmentation du risque moyen de 150% du cancer du sein (odds ratio : 1.5). De plus, en cas d’exposition répétée (plus de 5 mammographies) ou en cas d’exposition avant l’âge de 20 ans, les femmes à haute risque avaient une probabilité multipliée par 2,5 de développer un cancer du sein.
Selon le Dr van der Weide, épidémiologiste à l’université de Groningen en Hollande, le dépistage des femmes à haut risque est très important, mais il faut rester prudent lorsqu’on considère la mammographie pour le screening des femmes jeunes, particulièrement celles de moins de 30 ans. Il est conseillé d’éviter d’exposer ces patientes de manière répétée à des irradiations de faible dose. Surtout qu’il existe d’autres modalités de dépistage non irradiantes comme l’échographie ou l’IRM. Docteur Erard de Hemricourt

(ref : Mammography May Increase Breast Cancer Risk in Some High-Risk Women ; Marijke C. Jansen-van der Weide et al – RSNA 2009).

3 commentaires

  • C’est un comble !
    Personne ,dans le corps médical, n’avait-il imaginé qu’en irradiant les seins d’une femme ,même faiblement mais régulièrement, il pourrait y avoir une réaction des tissus ?
    Des essais sur des animaux avaient ils été faits ? —avec assez de recul ?
    L’échographie est elle si onéreuse , pour qu’on ne la pratique pas en priorité ?—D’autant qu’elle est moins désagréable…

  • Dr de Hemricourt

    Chère Lizzi,
    En radioprotection, pour calculer les effets des rayonnements ionisants sur le tissu humain, il existe différents modèles mathématiques qui sont un peu compliqués à expliquer et sur lesquels tous les experts ne sont pas d’accord. Ces modèles sont en partie basés sur l’exposition des populations japonaises suite aux retombées nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945.
    Depuis ce temps, vous me direz qu’on a pas mal de recul. En effet mais le problème est le suivant : peut-on tirer les mêmes conclusions pour de très faibles doses de radiations par rapport aux grosses doses reçues en 1945. Certains experts disent qu’il y a un seuil sous lequel tous les dégâts sur le tissu humain seront réparés et d’autres qui disent qu’il n’y a pas de seuil (modèle linéaire sans seuil).
    Un autre problème rencontré ici est l’effet aléatoire (on dit dans le jargon technique : stochastique) des rayonnements de faible dose sur le tissu humain. Cela signifie que si l’on irradie un tissu vivant avec une faible dose, on n’est pas sur qu’il y aura des effets secondaires, cela reste du domaine de la probabilité et non de la certitude. De plus, les effets aléatoires dus aux rayonnements ionisants de faible dose prennent du temps pour se manifester, parfois beaucoup de temps.
    On comprend donc bien qu’il n’est pas toujours aisé de répondre à la question : une mammographie est-elle dangereuse. Tout est une question d’avantages/désavantages. C’est vrai et prouvé que les mammographies ont permis de sauver beaucoup de vies en permettant de prendre à temps des cancers de petite taille.
    Mais l’étude citée ne concerne qu’un petit pourcentage de femmes, celles qui sont à haut risque familial ou génétique de présenter une tumeur mammaire et c’est chez elles que les mammographies répétées doivent être évitées.
    Pour terminer, je dirais qu’il existe d’autres méthodes non irradiantes comme l’échographie et l’IRM mais pour l’IRM, cet examen reste beaucoup plus cher et donc plus difficile à appliquer pour ‘toutes’ les femmes.

  • Je pratique la senologie depuis 30 ans et suis les femmes de25 à 50 ans par Echographie Ductale Radiaire en pratiquant le minimum de mammographie , meme si mon systeme numerique est  » low dose » = mAs divisés par 2 voire 3 par rapport à une mammographie analogique classique qui devrait etre interdite selon la norme EURATOME 97/43 : obigation de realiser la technique la moins irradiante , ce que Roseline Bachelot ne respecte pas !! !Encore faut il bien regler le numerique : je fais venir Mr Bertrand Sussin de Tours à Grenoble car c’est le meilleur de France : je n’ai vpas vu de meilleurs cliches ailleurs sauf l’equivalent à Paris chez le Dr Goumot qui dispose du meme systeme FMSF et qui est l’auteur du gros livre  » LE SEIN  » .
    Bien que le numerique permette de voir l’espace entre le cancer et sa migration superficielle ainsi q’une meilleure dynamique des images , l’ECHO DUCTORADIAIRE apporte des diagnotics beaucoup plus fins et precoces , ce que lesfemmes compennent de suite pendant l’examen commenté comme un petit cours d’anatomie couplé à une autopalpation et je leur fais toucher 2 objets identiques à un cancer du sein de 3 et 5 mm etc…
    L’avenir de la senologie reste ultrasonore et doit etre conçu autour des UTDL ( unitées terminales ductolobulaires ) et suivre les canaux galactophores disposés de façon radiaire ; l’irm doit souvent etre suivie d’une echographie de seconde intention mais reste le complement ideal des echos difficiles surtout si femmes à haut rique ou recidive ou migration endocanalaire d’un ccis : sinon c’est Lecho ductoradiaire !
    Je vous invite à lire et critiquer mes fichiers sur mon site : radiologie-etoile .fr et cliquez sur le lien mammographie 400pages et photos en jpeg -pdf-powerpoint gratuit à techarger( 3 minutes.. )
    Depuis des années les gynecos precrivent des controles purement echo chez certaines femmes : mon score avec ou sans la mammographie devient progresivement identique avec les nouveaux echo HI TECH utilisant elastographie couleur – harmoniques tissulaires- agents de contraste-fusion d’image etc…

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