VIH/Sida : On est tous concernés par le préservatif



rubanrouge-sidaComme chaque 1er décembre s’est déroulée hier  la Journée mondiale de lutte contre le Sida, l’occasion pour faire le point sur la situation épidémiologique du VIH/sida en France, sur les nouvelles orientations prévues par le ministère de la santé et des sports et sur les nouvelles recommandations sur la prévention et le traitement de l’OMS.

Commençons par faire un point sur la situation épidémiologique du VIH/sida en France. Pour la première fois l’InVS (Institut de veille sanitaire) dispose, en plus des données concernant les découvertes de séropositivité au VIH, d’une estimation de l’incidence du VIH entre 2003 et 2008 (nombre de personnes nouvellement contaminées chaque année, qu’elles aient été diagnostiquées ou non).

Avec ce nouvel indicateur l’incidence a été estimée à environ 7 000 personnes contaminées par le VIH en France en 2008, ce qui représente 17 contaminations annuelles pour 100 000 personnes. Il faut toutefois noter que l’’incidence a diminué au cours des 5 dernières années, passant d’environ 9 000 contaminations en 2003 à 7 000 en 2008. Dans le reste du monde on estime à 33,4 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida et à 2,7 millions celui des nouvelles infections annuelles (chiffres OMS).

En France, les deux populations les plus touchées sont les homosexuels hommes et les personnes d’Afrique subsaharienne.

Ainsi en 2008 2 500 homosexuels hommes ont découvert leur séropositivité, représentant plus du tiers des découvertes de séropositivité (37%) et 3300 ont été contaminés par le virus.

Les personnes d’Afrique subsaharienne restent, après les homosexuels hommes, une des populations les plus touchées par le VIH en France. En 2008, 1 900 personnes d’Afrique subsaharienne ont découvert leur séropositivité, représentant un tiers des découvertes de séropositivité et environ 1 000 d’entre elles ont été contaminées par le VIH en 2008, suite à des rapports hétérosexuels qui constituent le principal mode de contamination de cette population.

Dans le reste de la population la tendance est à la baisse même si l’on observe une augmentation des IST chez les personnes ayant des rapports hétérosexuels.

Parce que plus de la moitié des personnes découvrent leur séropositivité trop tard (un stade où le déficit immunitaire est déjà important et correspond au seuil recommandé pour la mise sous traitement antirétroviral) il est plus que jamais nécessaire de renforcer les stratégies de dépistage, notamment par une proposition de dépistage élargie à la population générale et un dépistage répété des homosexuels hommes.

C’est pourquoi le Ministère planche actuellement sur un nouveau plan pluri-annuel de lutte contre le VIH et les IST conçu pour couvrir la période 2010-2013. Sa sortie est prévue pour la fin du premier trimestre 2010. Au programme prévention, information éducation à la santé, dépistage, prise en charge sanitaire, lutte contre les discriminations, accompagnement médico-social des patients, recherche…

L’occasion pour l’INPES de lancer « On est tous à un moment ou un autrre concerné par le préservatif » une nouvelle campagne de communication dont les spots télévisés seront diffusés entre le 1er et le 21 décembre 2009 sur les chaînes hertziennes, câblées, satellites et sur la TNT. Plusieurs spots sont prévus et destinés à toutes les catégories de la population.

A propos de traitement et de prévention, l’OMS fait part de ses nouvelles recommandations. Elle recommande désormais de commencer plus tôt le traitement antirétroviral chez l’adulte et l’adolescent, d’administrer des antirétroviraux (ARV) plus faciles à prendre et mieux tolérés et d’utiliser les ARV plus longtemps pour réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant. Autre recommandation que les mères séropositives et leur enfant prennent des antirétroviraux pendant l’allaitement pour éviter la transmission du VIH.

En commençant plus tôt le traitement antirétroviral, on renforce le système immunitaire et on réduit le risque de maladies et de décès liés au VIH. On diminue aussi le risque de transmission du VIH et de la tuberculose. L’OMS apportera un soutien technique aux pays pour qu’ils adaptent, adoptent et appliquent ses nouvelles recommandations.

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