Le point sur l’infection de l’Homme par le virus de l’hépatite E d’origine alimentaire



Quelques cas isolés ou groupés d’hépatite E d’origine alimentaire ont été identifiés en France entre 2007 et 2009. Ils étaient tous associés à la consommation de figatelles ou de saucisses de foie de porc. Rares dans les pays industrialisés, les cas d’infection par le virus de l’hépatite E (VHE) sont nombreux dans les pays à faible niveau d’hygiène, où le virus (endémique) est le principal agent responsable d’hépatites aiguës chez l’homme.

Depuis 1997, la preuve d’une possible transmission de l’agent viral infectieux de l’animal à l’homme ou de l’homme à l’animal (caractère zoonotique) a été apportée, notamment, grâce à l’identification de souches virales identiques chez l’homme et l’animal.

Dans son avis du 23 septembre 2009, l’Afssa, s’appuyant sur les données scientifiques disponibles, dresse un état des connaissances sur le virus de l’hépatite E, en particulier sur les manifestations cliniques chez l’homme, la situation épidémiologique en France, les caractéristiques des souches humaines et animales et la transmission à l’homme par la consommation de viande contaminée. Cette étude complète un précédent avis de l’Afssa sur l’évaluation des risques liés à la consommation de saucisses crues à base de foies de porcs (avis du 30 avril 2009).

Les porcs, les sangliers et les cervidés constituent des réservoirs du VHE. Le virus se caractérise par sa très grande diffusion en élevage porcin (sans symptôme apparent), le foie étant l’organe cible. Aussi la consommation de préparations crues à base de foie (saucisses de foie, figatelles) représente-t-elle un risque pour la santé du consommateur, même si le nombre de cas cliniques rapportés reste faible.
Quant aux produits crus de type jambon cru, saucisses à tartiner et saucisson, leur consommation n’a à ce jour conduit à aucun cas avéré d’hépatite E humaine.
Enfin, les produits consommés cuits apparaissent moins à risque que leurs équivalents crus, et ce d’autant plus que la température de cuisson est élevée et la durée de cuisson longue. Pour autant, les données disponibles sont encore insuffisantes pour proposer des modalités pratiques de cuisson efficace.

Au final, l’Afssa estime que les populations susceptibles de développer des formes graves de l’hépatite E devraient faire l’objet d’une information spécifique sur les risques encourus, en particulier lors de la consommation de préparations crues à base de foies de porcs. Sont tout particulièrement concernés les personnes présentant une hépatopathie sous-jacente, les patients immunodéprimés et les femmes enceintes.

De nombreuses questions se posent encore sur le VHE, notamment sur les modes de transmission du virus à l’homme à partir du réservoir porcin et sa survie dans différents environnements. De nouvelles données scientifiques seront nécessaires pour y répondre.

Source : Afssa

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