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Vaccination H1N1…Pour ou contre ?

stopvirusgrippeDans les tous prochains jours commencera en France, comme dans d’autres pays européens, une campagne massive de vaccination de la population contre le virus H1N1.

En France, cette procédure fait suite à une vaccination du monde médical hospitalier suivie de celle du secteur médical libéral.

Devant les très nombreuses craintes du public et face aux remarques, critiques et autres reproches à l’encontre des groupes pharmaceutiques et du gouvernement principalement, il est de bon ton de rappeler quelques éléments cruciaux afin que nous tous, puissions décider en bonne connaissance de cause si cette vaccination nous est réellement nécessaire.

Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit dans la presse et abondamment commenté les semaines précédentes. Je ne parlerai que des points qui me semblent opportuns.

Tout d’abord, personne ne peut dire à l’heure actuelle quel sera précisément l’impact majeur de la pandémie sur la société en général. Les divers experts consultés estiment que la grippe H1N1 devrait toucher entre vingt et trente pour cent de la population globalement. Ces chiffres sont obtenus par extrapolation directe du nombre de victimes des pandémies précédentes qui ont eu lieu au cours du XXè siècle.

Vingt à trente pour cent ? Pour l’instant, on en est loin et même très loin. Sauf que les données épidémiologiques confirment que la grippe H1N1 est en train de prendre de plus en plus d’ampleur et que son pic devrait survenir d’ici 3 à 5 semaines dans l’hémisphère nord.

On assiste actuellement à une augmentation croissante et importante, que ce soit en France ou dans d’autres pays d’Europe (Belgique, Allemagne, Scandinavie, Europe de l’Est ainsi que l’Ukraine), du nombre d’hospitalisations et de décès liés à la grippe H1N1. Si cette aggravation se confirme et cela semble être bien le cas, les difficultés que l’on rencontrera bientôt iront crescendo. Non seulement en terme de malades et de victimes mais surtout en terme de désorganisation complète des structures de soins et d’accueil des patients en général. Les consultations de médecine générale, de pédiatrie, l’accueil des services d’urgence et de pneumologie seront très rapidement et très certainement saturés par une population insuffisamment préparée et avertie malgré la quantité significative de recommandations émises depuis plusieurs mois.

Un des points les plus importants sur lequel il faut insister et réinsister concerne le profil d’attaque de la grippe H1N1 : cette grippe est différente de la grippe classique, saisonnière. Ce sont essentiellement les bébés, les petits enfants, les enfants et les adultes jeunes qui seront touchés et gravement touchés. Il faut également distinguer parmi la population générale des groupes à risque constituée par les personnes asthmatiques, les obèses, les immunodéprimés, les diabétiques, les patients porteurs de pathologies lourdes chroniques (cardiaques, pulmonaires, neurologiques) sans oublier le groupe des femmes enceintes, essentiellement celles qui sont à leur deuxième et troisième trimestre de grossesse.

Si l’éventualité de succomber à la grippe H1N1 reste en général très faible – on parle de 1 décès sur 1000 en moyenne – il n’en est pas de même pour certains individus comme les bébés, les petits enfants et les femmes enceintes. Celles-ci présentent un risque particulièrement important puisqu’on estime que la probabilité de succomber à la grippe H1N1 est 5 à 10 fois supérieure par rapport à celui rencontré dans la population normale. Cela veut tout simplement dire qu’une femme sur cent, dans le pire des cas, pourrait faire les frais de cette grippe et en mourir !

Le gouvernement français a eu la lucidité de commander plusieurs types de vaccins différents contre le H1N1 ce qui n’est malheureusement pas le cas de certains pays comme la Belgique ou les États-Unis.

Pour l’instant, seul un vaccin avec adjuvant existe et sera utilisé pour la vaccination de la population  mais très bientôt d’autres vaccins arriveront qui, eux, ne contiennent pas d’adjuvants.

Il est conseillé (comme en Suisse et en Angleterre) d’éviter les vaccins adjuvantés pour certaines classes de population comme les femmes enceintes. Pour les autres personnes, le vaccin disponible actuellement ne semble pas présenter de danger majeur pour la santé même si les critiques émises contre le vaccin avec adjuvant ne sont pas toutes infondées : devant l’urgence de la situation, les compagnies ont dû se presser et accélérer la mise sur le marché de vaccins qui, en temps normal, auraient dû subir plus de tests  et de vérifications. Surtout concernant les adjuvants utilisés. Cependant, il nous faut raison garder et les premiers résultats officiels issus de la vaccination anti-H1N1 ne montrent, à l’heure actuelle, aucun effet secondaire fâcheux.

C’est ici que le discernement de la population doit intervenir : quel est le désavantage/danger de se faire vacciner par un vaccin adjuvanté, peut-être insuffisamment testé et ayant un risque minime et non (encore) prouvé pour la santé, par rapport au risque bien réel de tomber malade face au H1N1 et … d’y  succomber ?

Mathématiquement, cela ne fait aucun doute, les chiffres nous le montrent : mourir des suites de la grippe H1N1 n’est pas une fable et reste bien plus important que le danger infime lié à la vaccination. D’autant plus que, si l’on se trouve dans un groupe à risque ou en contact avec des personnes à risque comme les parents de jeunes enfants ou de bébés de moins de 6 mois qui eux ne pourront pas être vaccinés, cette vaccination devient quasi impérative.

Docteur Erard de Hemricourt

Edit : Une partie des  commentaires (une vingtaine environ) ont été effacés suite à un problème technique. Toutes nos excuses

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