Grippe pandémique, Fin de la récréation.



stopvirusgrippe« Grippe pandémique, Fin de la récréation » par le Docteur Nicolas Robin. Trois semaines se sont écoulées depuis ma vaccination contre la grippe saisonnière. Quand on est médecin, il est bien normal d’être vacciné contre la grippe, pour soi, pour les autres… Cela coule de source. Je vais donc à la consultation médecine du travail de mon hôpital pour me faire vacciner maintenant contre la grippe A H1N1. Le médecin du travail est un peu désespéré : très peu de candidat pour la vaccination ! C’est incroyable, cette défiance vis à vis de la vaccination ! Aucun argument rationnel pour étayer une quelconque dangerosité de cette vaccination. Pire, la défiance et le doute viennent en bonne partie des médecins et des personnels soignants ! En fin de journée, le médecin sera obligé de jeter à la poubelle son flacon de vaccin dans lequel seules trois doses sur dix ont été utilisées ! Les jours précédents, pareil, Les jours suivants, pareil. Un vrai gâchis, c’est honteux

Mardi je suis de garde. Vers minuit, mon collègue urgentiste me propose une patiente grippée. Quarante-sept ans, pas d’antécédents notables. Un syndrome grippal typique évolue depuis quatre jours, après le contact auprès d’un enfant grippé. Toux sèche, myalgies, asthénie, nez congestionné, fièvre, et depuis 24 heures, gène respiratoire. La patiente est amenée par les pompiers. C’est son fils qui les a appelés, devant insister auprès de sa mère. La patiente est rose, le syndrome grippal est franc, la fréquence respiratoire est élevée à 35 par minute, l’auscultation retrouve quelques crépitants. La radio des poumons est sans appel : les deux champs pulmonaires sont occupés par des opacités floconneuses, confluentes aux bases. Direction la réanimation, sans tarder. Nous installons la patiente. Masque d’oxygène à haute concentration, Tamiflu et antibiothérapie probabiliste. Mais la progression est inexorable. Trente minutes plus tard, à l’auscultation, c’est la marée montante : des crépitants bilatéraux de bas en haut, et la fréquence respiratoire est maintenant à 45 par minute. J’explique à la patiente que son état respiratoire est préoccupant, et que je vais donc devoir mettre en place une assistance ventilatoire. Elle me sourit gentiment, elle sent bien qu’elle ne peut rester comme ça. Elle est totalement rassurée quand je lui dit que je vais l’endormir pour la suite et qu’elle ne sentira rien, ni ne souffrira. L’équipe est prête. Je suis maintenant à la tête de la patiente, et nous nous regardons, les regards inversés. Par cette porte ouverte sur l’intérieur je dois apaiser ma patiente et ne pas laisser paraître le moindre trouble. La mortalité du SDRA, le syndrome de détresse respiratoire aiguë, tourne autour de 30 %. Sédation, curarisation, intubation, ventilation. L’équipe m’a bien assisté, jouant le jeu sans problème, sans aucun doute sur les moyens de protection du personnel mises en œuvre. Dix-huit heures plus tard, le Val rend les résultats : prélèvement positif à la grippe A H1N1. C’est le deuxième résultat positif de notre hôpital, après le cas d’un médecin des urgences. L’équipe est un peu choquée, enfin juste un peu, le temps de se dire, ça y est, nous y sommes. On a même envie de rajouter : c’est donc vrai ! La grippe pandémique est là, elle provoque des cas graves chez les adultes jeunes et sains. Aucun mouvement de panique, notre hôpital est plutôt bien organisé et préparé pour la pandémie. Notre médecin du travail devrait voir débouler un peu plus de monde pour la vaccination…

Le grand public, pourtant bombardé d’informations, ne comprend pas tout. Alors, j’ai décidé d’expliquer les choses, en écrivant un livre : SURVIVRE à la GRIPPE, Les clés pour comprendre. Il est important que les citoyens comprennent ce qu’est une pandémie, comment se transmet la grippe, comment la société s’organise en temps de pandémie, comment la vaccination permet d’être protégé, pour adhérer au plan de lutte contre la pandémie grippale déployé par le gouvernement. Comme pour une maladie, le patient adhérera d’autant plus au traitement qu’il aura compris sa pathologie. Le livre est donc une synthèse sur cette grippe pandémique au virus A H1N1. Achevé le 20 septembre, il est au fait des nouveautés sur la pandémie. C’est un livre de vulgarisation, qui s’adresse à un large public. Il explique le cycle des grippes, l’émergence d’un nouveau virus responsable d’une pandémie, donne les éléments qui permettent de comprendre les mesures barrières, la distance sociale. Le ton du discours est sérieux et juste, mais non dépourvu d’humour, les termes employés le rendent accessible au plus grand nombre. Cet ouvrage est impartial et rédigé en totale indépendance. Le livre, malgré un titre accrocheur, n’est pas du tout polémique et le discours n’est pas au catastrophisme. Le livre répond à de nombreuses questions et rétablit la vérité quant aux nombreuses rumeurs circulant sur le Web, et maintenant dans la population.

Nous cherchons toujours un diffuseur distributeur pour le livre, mais il est déjà disponible à la vente sur Internet sur le site de l’éditeur : www.mordantdhericourt.com. Le site Internet a aussi pour ambition de donner des informations et explications nouvelles qui seraient nécessaires avec l’évolution de la pandémie. Une rubrique Addenda constitue ainsi une suite au livre, où sont détaillés les différents vaccins proposés et leurs compositions, les adjuvants sont expliqués.

La situation actuelle, où seuls 50 % des français étaient favorables à la vaccination contre la grippe A il y a un mois, et plus que 17 % il y a 3 jours, s’explique de différentes façons. Le phénomène de nouveauté est évident. C’est la première fois que l’humanité vit une pandémie annoncée, sur laquelle l’homme n’est pas entièrement passif, mais peut intervenir, interagir. Dans cette nouveauté, il faut comprendre la prudence des experts qui ne doivent pas affoler, qui ne savent pas tout, qui ne doivent pas se tromper, qui ont une très forte responsabilité par les décisions qu’ils sont amenés à prendre. Les problèmes rencontrés sont d’une grande complexité. Les caractéristiques du virus et de l’épidémie ne peuvent être anticipées ni devinées avec exactitude, le vaccin est long à mettre en œuvre, la population est constituée de groupes très hétérogènes. La montée en puissance du phénomène épidémiologique s’accompagne d’une montée en puissance parallèle du dispositif, qui comporte de multiples changements et adaptations, reposant sur des impératifs médico-techniques dont la compréhension n’est pas toujours accessible au plus grand nombre. Enfin, et peut-être surtout, il existe une grande différence dans le temps entre l’annonce de l’événement pandémique et sa survenue. Un effet de distorsion s’ajoute à la perception, subjective, de la pandémie. Alors le public s’impatiente, commence à douter, n’y croit plus, et la rumeur n’a plus qu’a saisir une opinion chancelante, en proie aux interrogations.

Mais maintenant, la grippe est là. L’épidémie est un peu plus forte chaque jour, et bientôt, la France sera en situation de pandémie. Il convient donc de s’efforcer de ne pas attraper la grippe, et de se faire vacciner dès que possible. Le plan de vaccination est actuellement en cours d’accélération, afin de contrer le plus possible cette épidémie qui tend à s’emballer. Disposer de la vaccination est une grande chance dont nous devons profiter. Nul doute que les français vont maitenant se diriger nettement et avec confiance vers la vaccination.

Article rédigé par le Docteur Nicolas Robin.

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